LA TRIBUNE 20 mars 2020

Après l’Etat, c’est au tour des régions de réagir pour aider en urgence le tissu économique face aux conséquences du confinement lié au coronavirus. En Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset annonce un fonds de 50 M€ pour soutenir les très petites entreprises, les acteurs associatifs, culturels et sportifs et octroyer des prêts d’urgence aux entreprises de toutes tailles. A plus long terme, le président du conseil régional appelle à relocaliser la production des équipements et biens de santé stratégiques.
« Le chef de l’Etat a annoncé un plan national musclé qui doit être efficace et rapide pour répondre à la crise. En complément, nous créons un fonds de solidarité, de rebond et stratégie industrielle doté de 50 M€ », explique à La Tribune Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, mardi 17 mars 2020, à l’issue d’une discussion avec le Premier ministre et les grandes banques régionales. Ces crédits budgétaires régionaux viendront en appui des dispositifs annoncés par le gouvernement qui s’élèvent à 45 Md€ d’interventions et 300 Md€ de garanties.
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Sur les 50 M€ débloqués par le conseil régional (*), 20 M€ iront abonder le fonds de solidarité de 2 Md€ créé par l’Etat dont la moitié est fléchée vers les TPE/PME. « Ce fonds de solidarité concerne les très petites entreprises avec un chiffre d’affaires de moins de 250.000 € qui pourront bénéficier d’une aide forfaitaire de 1.500 € si leur chiffre d’affaires a chuté d’au moins 70 % entre mars 2019 et mars 2020 », précise l’élu régional, qui plaide pour retenir un seuil plus souple autour de -50 %. Une seconde enveloppe de 5 M€ est spécifiquement fléchée vers le secteur associatif, en particulier culturel et sportif, et les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), particulièrement dynamiques en Nouvelle-Aquitaine.
Soulager la trésorerie
Les 25 M€ restants concernent les prêts accordés aux entreprises en difficulté : 10 M€ permettront d’abonder les prêts rebonds octroyés par Bpifrance pour améliorer la trésorerie des entreprises tandis que 15 M€ financeront des prêts de la Région aux entreprises non éligibles aux prêts rebonds.
« Il faut que nous prêtions une attention et un soutien financier tout particulier aux agriculteurs et aux entreprises de l’agroalimentaire pour qu’ils puissent continuer à approvisionner nos magasins », insiste Alain Rousset, qui participera également au financement des cellules de crise déployées par les chambres de commerce et d’industrie et chambres de métiers pour accompagner les chefs d’entreprise.
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Parallèlement, alors que les banques doivent décaler de six mois les échéances de remboursement des entreprises, la Région Nouvelle-Aquitaine annonce un moratoire d’un an sur le remboursement des aides et avances versées aux entreprises tout en augmentant les acomptes versés à la Région à ces entreprises afin de soulager autant que possible leur trésorerie. Enfin, outre un appui psychologique, des chèques-conseils devraient aussi venir aider les entreprises à redémarrer lors de la sortie de crise en facilitant le recours à des prestataires extérieurs spécialisés.
« Il y a urgence à agir, les entreprises en difficulté, et elles sont nombreuses, doivent se saisir de tous ces outils à tous les niveaux pour surmonter la crise. Tout le monde est au front avec un esprit de combat », insiste le président du conseil régional. La Région apportera également son soutien matériel à des associations humanitaires et pourrait mobiliser ses internats pour loger les enfants des personnels soignants mobilisés dans les hôpitaux.
Relocaliser la production des biens stratégiques
Enfin, à plus long terme, Alain Rousset se dit déterminé à « tirer toutes les leçons économiques et politiques de cette crise en matière de services publics et de choix des responsables politiques et des entreprises en particulier sur la nécessité de relocaliser la production industrielle de certains biens stratégiques et savoir-clefs comme les médicaments, les masques, les respirateurs artificiels et autre équipements de santé. » Il souhaite donc mettre à contribution les acteurs régionaux pour travailler sur ces aspects, notamment la biotech, le biosourcing et les micro-usines de fabrication. Une réflexion qui devrait aussi intégrer les technologies innovantes et les énergies renouvelables. Le message a été passé à Matignon qui, de son côté, n’écarte plus la possibilité de nationaliser des entreprises en difficultés.
(*) Compte-tenu du confinement lié au coronavirus/Covid-19 et donc de l’impossibilité de réunir les instances régionales, un texte législatif devra être pris dans les jours qui viennent pour autoriser les présidents de région à valider ces crédits spécifiques. Au total 500 M€ sont abondées par les régions françaises.

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