LES ARTICLES DE MYRIAM POUR MIEUX VIVRE

La vie essentiellement

Lors d’une sortie cinéma avec plusieurs classes de 3ème je propose de raccompagner une élève qui ne peut plus faire le chemin du retour à pied. Elle doit bientôt se faire opérer. La cause ? Une maladie auto-immune.

Sur le chemin qui conduit au parking du cinéma je lui demande ce qu’elle aime dans la vie. Elle me dit qu’elle aime les garçons et les jeux vidéos. Elle doit sûrement aussi aimer les voitures. Tout en cheminant, elle cherche à deviner quel est la marque de mon automobile et sélectionne toutes celles qui sont élégantes et de belle couleur.

Je remarque sa joie de vivre, en dépit de la douleur et de l’incertitude du lendemain.

Sara a ce quelque chose des gens qui ont traversé des conflits et de grands chaos, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Elle a cette gravité simple et profonde, ce goût de la vie en dépit de tout, ce positionnement intérieur quasi inébranlable face aux évènements.

Elle ne le sait pas et pourtant elle est un maître pour moi, du haut de ses 14 ans.

Il existe en chaque être pareille qualité de présence à l’instant, à sa simplicité, à sa fluidité ainsi qu’à la magie de ce qu’il nous réserve, au coin d’une rue , d’un rayon de soleil sur une flaque, du chant mélodieux d’un oiseau, d’un nuage qui a forme humaine.

De la même façon, la magie s’opère coin d’une rencontre imprévue, si soudainement essentielle qu’elle nous troue le cœur, y ouvrant des espaces de lumière et de liberté.

Je dédie ce texte à tous ceux qui ont perdu espoir envers la générosité de la vie, son inventivité pour nous apporter des chemins de résilience, de paix intérieure et de joie.

Je l’offre aussi à ceux qui sont comblés par l’existence pour qu’en eux s’ouvre des champs de gratitude , des envies de partage , des actions de solidarité et de don envers ce qui les inspire et les mène à leur propre élévation.

Comme dit le proverbe, il faut avoir affronté de grands chaos pour savoir accoucher d’une étoile.

 

QUE FAIRE DE NOS CONFLITS ?

 

 

ACCEPTER LE CONFLIT

La plupart des relations humaines peuvent être sources de conflit, y compris celles qui s’inscrivent dans un contexte bienveillant et policé. Les lamas bouddhistes qui ont présidé à notre formation dans la gestion des émotions nous racontaient que même leur communauté n’était pas exempte de conflits, y compris pour des broutilles.

Que dire alors des relations de travail ou des relations de couple dans lequel la notion de rôle et la notion de pouvoir sont au premier plan ? Chacun des protagonistes d’un conflit est certain d’avoir raison et très souvent la faute est rejetée sur l’autre d’emblée, sans retour sur soi ni examen de conscience.

Faut-il pour autant céder face à la plainte ou à l’autorité pour avoir la paix ? Le fait de s’assurer ainsi une forme de tranquillité s’avère de plus en plus précaire, au fur et à mesure que l’un gagne du pouvoir sur l’autre ou établit un pouvoir qui ne tient pas compte des différences de perception et de réalisation ainsi que des besoins de chacun au sein d’un espace déterminé. Cette situation d’abus engendre des blessures émotionnelles considérables qui ne sont pas forcément mises en lumière.

Ces blessures émotionnelles, si elles ne sont pas conscientisées, considérées et réparées, peuvent mener un jour où l’autre une explosion de rage et de violence. Elles peuvent entraîner un enchaînement de fuites en avant, au travers de compensations addictives, de falsification et d’occultation de la vérité, voire même de malveillance larvée.

C’est pourquoi il s’avère primordial d’accepter, de prime abord, toute situation de conflit comme révélatrice d’une réalité qu’on ne peut nier, ni occulter, ni passer sous silence. Aussi désagréable soit elle, cette situation à beaucoup à nous apprendre sur nous. Elle peut même se révéler salvatrice si nous acceptons de sortir des rôles que nous acceptons inconsciemment de porter ou de faire porter à d’autres.

 

CONDITIONNEMENTS ET CROYANCES

Notre esprit de veille, c’est à dire notre esprit ordinaire qui sert à gérer notre vie de tous les jours, fonctionne de trois manières distinctes dans la perception de notre réalité : l’attraction, la répulsion ou l’indifférence.

Et c’est à partir de ce fonctionnement de l’esprit que nous construisons des représentations mentales de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure en nous attachant à ce qui dans l’immédiat est source de valorisation et de plaisir, en repoussant ou en détruisant ce qui crée de la gêne, de la peur et de l’insatisfaction ou encore, en dédaignant ce qui ne peut de suite nous concerner directement ou servir nos diverses ambitions.

Ces représentations mentales, acquises durant l’enfance, agissent de manière automatique et créent des conditionnements, sans que nous pensions à les remettre en question, car elles sont issues du contexte familial, culturel et historique dans lequel nous avons grandi. Pour ne citer que quelques uns des conditionnements qui peuvent éclairer une situation de conflit :

– Considération de la place de la femme et de celle de l’homme au sein du couple comme au sein de la société comme allant de soi, faisant partie d’un ordre naturel, etc…

– Considération des sentiments ou d’une relation comme immuables, entraînant une non acceptation des signes de changement.

– Sensibilité extrême à l’image que l’on veut donner de soi, de son couple, de ses enfants, de sa famille, de son clan, (le fameux « qu’en dira-t-on ? ») au détriment de la réalité, de ses besoins, des besoins d’autrui.

– Certitude d’avoir la justice divine, la justice des hommes ou l’opinion publique de son côté. Certitude du “ bien-fondé “ d’ agir, y compris de manière outrancière ou destructrice.

– Respect à la lettre d’une morale établie, de règles de fonctionnement, de considérations idéologiques, permettant de mettre en place de manière plus ou moins organisée une forme de dépréciation, d’exploitation, de répression ou d’anéantissement.

– Croyance en un intérêt suprême (la cohésion de la famille, l’honneur de la famille, les intérêts d’un groupe, la sécurité d’un état) interdisant toute remise en question des actes perpétués, toute divulgation de secrets.

– Fidélité à des injonctions telles que « toutes pareilles ! », « tous pareils ! », « s’engager c’est perdre sa liberté », « s’excuser c’est montrer sa faiblesse », « la fin justifie les moyens », « s’abstenir de dire n’est point mentir », ou encore « en cas de conflit, il vaut mieux tirer le premier » , « un bon indien est un indien mort », etc…

– Solidarité de caste envers ceux de notre rang liée au milieu social où nous avons grandi et évolué accompagné d’un sentiment de supériorité ou d’infériorité selon l’angle duquel on se place.

– Rébellion envers toute autorité, aussi justifiée soit-elle, ou, à l’inverse, soumission aveugle envers tout ce qui peut représenter une autorité ou une sécurité.

– Certitude d’un Dieu exclusif qui ne serait pas le même pour tous .

– Certitude d’un destin de peuple exemplaire devant le placer au dessus des autres.

– Considérations spécistes et égocentriques plaçant l’Homme au centre de l’Univers et certitude d’un droit exclusif de jouissance des biens naturels au dépend des autres règnes (animal, végétal et minéral) .

Toutes sortes de représentations mentales nous mènent par le bout du nez. Elles semblent tellement ancrées en nous que ce sont forcément des preuves de réalité et donc de notre bon droit à agir ou à laisser agir de telle ou telle manière y compris si cette action s’avère destructrice à court et moyen terme.

Fort heureusement, il arrive que la vie soit plus forte que toutes ces murailles de croyances et de certitudes et qu’elle nous fasse chanceler, voire chuter, sur notre chemin d’évolution. Cela arrive la plupart du temps à travers une crise ou une situation de conflit qui ne nous laissera pas indemnes.

Pourquoi ? Parce que cette situation de conflit va réveiller tout ce qui sommeillait en nous depuis l’enfance. Nos doutes, incertitudes, peurs et zones d’insécurité, nos accès de colère refoulés, nos tristesses enfouies, nos blessures émotionnelles non visitées, nos besoins enterrés et nos rêves oubliés.

Ce conflit va nous faire redevenir tout petits tandis qu’il va accentuer notre vulnérabilité émotionnelle et notre prise aux émotions. Et le plus terrible c’est que plus nous voulons maîtriser la situation plus elle nous échappe et plus nous nous sentons impuissants à contacter cet autre, ce belligérant réfugié dans son bastion tout autant que nous.

 

RESPONSABILITÉ PERSONNELLE ET RESPONSABILITÉ DE GROUPE

C’est pourquoi un examen de conscience et une prise de distance vis-à-vis de nos croyances s’avère nécessaire pour ne pas tomber dans la destruction ou l’autodestruction, dans la complaisance ou dans la culpabilité.

Cet examen nécessite de mettre tous les aspects du conflit sur la table et de n’en ignorer aucun, y compris si cela peut être dérangeant pour les participants. Cela comprend la considération de nos besoins, des besoins de l’autre, de nos aspirations, des aspirations de l’autre, de ce qui est faisable comme compromis, des limites qui vont très vite surgir, de ce qui n’est pas acceptable ou ne l’est plus, de ce qui est encore acceptable. Et bien-sûr, de la manière dont on peut réparer les abus, les blessures et les destructions causées, de part et d’autre de la ligne de démarcation. Réparer à l’intérieur de soi mais aussi réparer chez l’autre afin de contribuer à un retour à l’équilibre et à la paix.

Toute tentative de manipulation durant la mise en évidence de ce qui fait mal serait dangereuse et ne ferait que créer des frustrations génératrices d’autres conflits, entraînant un fossé d’incompréhension plus profond encore et conduisant inéluctablement à la rupture ou à la violence.

C’est pourquoi le retour à soi en conscience, à l’aide de méthodes de développement personnel telles que la sophrologie, la psychanalyse ou la méditation de pleine conscience, le fait de s’accueillir et de se connaître dans ses contradictions, ses faiblesses et ses qualités, le fait d’assumer avec franchise ses responsabilités sans tomber dans l’autodépréciation ni la dépréciation de l’autre, s’avèrent être, certes, un exercice complexe mais nécessaire avant de s’attaquer à la résolution d’un conflit.

Lorsque nous sommes sur la défensive, nous pensons rarement à mettre en œuvre nos capacités de compassion et de bienveillance, plus occupés par une forme d’auto apitoiement ou par le fait de charger notre adversaire. Et pourtant ces qualités inhérentes à tout être humain (s’il n’est pas un dangereux déséquilibré mental) sont sources d’équilibre et de paix.

Comment les diriger ? Envers nous-mêmes tout d’abord pour faire cesser tout sentiment de culpabilité qui fausse l’énergie de la relation tout autant que l’examen des responsabilités. Cette bienveillance à s’accepter dans cette humanité vulnérable et faillible nous amène à comprendre ce qui peut se jouer de manière inconsciente en nous. A titre d’exemple on peut citer :

  1. Le désir de réussite à tout prix
  2. Le désir de jouissance absolue
  3. Le désir de toute puissance
  4. Le désir de perfection
  5. Le désir de reconnaissance
  6. Le désir de maîtrise de la situation
  7. Le désir de revanche
  8. Le désir d’expier, de s’oublier ou de se subordonner
  9. Le désir d’oublier
  10. La peur de perdre la face
  11. La peur de perdre son emprise
  12. La peur de perdre ses prérogatives
  13. La peur de perdre l’autre
  14. La peur du manque
  15. La peur d’être rejeté
  16. La peur de perdre sa liberté
  17. La peur d’être diminué
  18. La peur d’être manipulé
  19. La peur d’être trahi
  20. La peur d’être face à soi-même

 

Ces désirs et ces peurs non conscientisés peuvent nous amener en premier lieu à une forme de déni, voire de sidération et de soumission permettant momentanément un évitement du conflit, notamment face à une personne incarnant à nos yeux une figure d’autorité. Cet évitement du conflit peut aussi se manifester par un désinvestissement immédiat et par une fuite sans explications. Dans le cas contraire, ces désirs et ces peurs peuvent déclencher chez nous un sentiment d’agression et d’atteinte à notre sécurité, conduisant à une agressivité mal contenue ou mal dirigée. Dans un cas comme dans l’autre le conflit n’est pas géré.

Par contre, le fait de comprendre la façon dont nous sommes enclins à fonctionner nous amène progressivement à rectifier notre comportement et notre manière de penser.

Après nous être mis au clair avec nous-mêmes, nous serons à même d’appliquer plus facilement cette compassion et cette bienveillance envers autrui, en sachant qu’il est probablement animé par des sentiments et des influences similaires. En effet, il n’est pas rare de remarquer combien l’autre se présente en miroir de ce que nous n’acceptons pas en nous.

 

INTELLIGENCE EMOTIONNELLE ET INTELLIGENCE COLLECTIVE DANS LE CADRE DE RESOLUTION DE CONFLITS

L’intelligence émotionnelle et l’intelligence collective peuvent être mises à contribution lors de situations de crises, capables d’engendrer des conflits à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons plus nous permettre d’agir en persécuteurs ou en indifférents pour protéger nos propres intérêts, non plus en victimes expiatoires prêtes à tendre le cou pour se le faire briser. Il est urgent de changer de paradigme.

D’autres enjeux nous interpellent avec urgence.

Notre monde est en perpétuelle transformation, de plus en plus complexe. Et ce qui faisait notre gloire ou notre bien-être en tant qu’espèce, tend à s’inverser, du fait des innombrables abus que nous générons par notre manière de consommer et de puiser dans des réserves que nous savons désormais épuisables ou quasi épuisées.

Les guerres ne sont rien à côté de ce qui nous attend si tous les insectes pollinisateurs viennent à disparaître entraînant un déficit de nourriture à court terme, si la déforestation criminelle empêche les arbres de jouer leur rôle de régulateurs et aggrave le réchauffement climatique , si l’eau pure ou l’air pur deviennent rares pour nos enfants parce que de plus en plus pollués, si nous perdons notre humanité en nous soumettant au joug de machines et de systèmes réduisant l’humain et la nature à de simples objets de production et de profit.

L’être humain est appelé à évoluer et à transformer son activité sur Terre sous peine de péricliter et de périr. L’espèce humaine est appelée à s’unir non pas contre mais avec et dans le respect des autres règnes qui l’ont précédée et qui demeurent tout autant qu’elle légitimes à vivre en abondance, en liberté et en sécurité. C’est notre grandeur et notre enjeu des prochaines années.

 

Le déni : comment en sortir ?

 

Récapitulatif : les causes du déni

Dans mon précédent article j’évoquais différentes circonstances susceptibles d’entrainer une réaction de déni, à la fois d’ordre psychologique – l’angoisse et la souffrance profonde de l’individu, en situation d’isolement, confronté à des peurs inconscientes ainsi qu’à des conflits internes issus de l’enfance – mais aussi sociétal – l’imprégnation du virtuel dans nos vies quotidiennes, le dictat de la performance et de l’apparence, la banalisation de la violence, le travestissement de la réalité au travers des nouvelles technologies, etc… .

Nous vivons aussi au sein de nos sociétés, des rythmes de vie accélérés, dispersés dans diverses activités et occupations qui nous laissent peu de temps pour l’introspection et la réflexion en profondeur, peu de temps pour cerner l’essentiel .

Conséquences du déni

D’un point de vue intime, on ne peut rester longtemps dans le déni sous peine d’être dépossédé d’une partie de sa réalité et donc de sa vie et de sa capacité à créer et à aimer. On adopte alors un fonctionnement automatique, confortable certes parce que demeurant pour le mental dans le domaine du connu, mais aveugle à ce qui constitue l’ensemble des paramètres de notre réalité.

Du point de vue des sociétés humaines, le fait de demeurer dans le déni crée des conséquences dramatiques et d’une très large portée. Tout comme pour l’individu, ce mécanisme de défense constitue un frein sérieux pour l’évolution des sociétés et pour leurs capacités à créer et à s’adapter à des changements devenus nécessaires, voire vitaux.

C’est ce que Nicolas Hulot a nommé si justement dans son ouvrage  » le syndrome du Titanic ». Or nous savons tous ce qu’il est arrivé à ce navire considéré comme insubmersible.

Comment peux on sortir d’une situation de déni ?

– en sortant de l’isolement social, professionnel ou familial, et en communiquant sur ses difficultés présentes. Pour cela, outre des amis choisis, il existe toutes sortes de professionnels ou d’associations capables d’offrir une écoute bienveillante et de fournir des pistes de changement. Cette communication va pouvoir nous permettre de dénouer les fils de l’écheveau, de laisser venir à soi ce qui était réprimé ou non conscientisé du fait de la confiance et du soutien apportés par l’accompagnant ou les accompagnants que nous aurons choisi.

en s’extrayant progressivement de la peur , et tout particulièrement de la peur de l’échec et du changement, générée par des croyances sociales et familiales, enracinées dans l’inconscient collectif, encore très persistantes en Europe.,

– en se libérant du sentiment de culpabilité latent qui peut exister depuis l’enfance et en repérant en soi des identifications à des rôles bien précis qui ne correspondent pas à nos aspirations profondes et qui nous déconnectent de la réalité.

Pour se libérer, il faut déjà pouvoir se poser dans un espace de calme et de sécurité.

La sophrologie, la relaxation, la méditation, le yoga, le chi-gong, le tai chi, et aussi le contact avec des espaces des espaces naturels tels que les forêts offrent cette possibilité de revenir à soi, dans le calme et la simplicité. Revenir à son corps, à ses sensations, à sa respiration, pour laisser émerger une conscience nouvelle de ce qui est, en douceur et avec respect.

Le fait de prendre cette distance avec les discours intérieurs que nous entretenons quotidiennement dans notre tête avec l’illusion de tout maîtriser, va laisser de l’espace pour ce qui n’est pas encore connu, et donc pour la manifestation de notre intelligence et de notre créativité au delà des limites que nous nous étions fixées.

– en choisissant d’accepter la vérité de ce qui est à présent (aussi dramatique ou déstabilisante soit-elle) , en optant pour notre responsabilité à être et à manifester et en décidant d’accompagner le changement plutôt que de rester dans l’attentisme et la procrastination.

Cela vaut pour la dimension intime du déni mais aussi pour sa dimension sociétale, à l’échelle planétaire. concernant les grands changements à mettre en place du point de vue environnemental, économique et social.

Dans ce cadre précis, l’intelligence collective et tout particulièrement l’intelligence collective holomidale (concept développé par Jean-François Noubel, chercheur en intelligence collective au CIRI) , développée à un niveau international, de façon systématique et bienveillante- cela se fait déjà au sein des sciences participatives telles que la bio-informatique – , peut nous permettre de relever le défi et de trouver des solutions innovantes, bien plus innovantes que ce que nous sommes en mesure d’imaginer à l’échelle d’une seule société humaine, aussi perfectionnée soit elle.

Sortir du déni et affronter les réalités que nous avons vécues, que nous engendrons ou auxquelles nous participons constitue une magnifique victoire sur l’adversité et une preuve irréfutable de notre pouvoir à être et à créer, voire à nous recréer différemment. Et c’est un challenge qui nous concerne tous actuellement face à la crise de civilisation que nous traversons.

Myriam PAILLER www. Myriam-pailler.com

Ressources à consulter :

Du déni à l’amnésie

https://aivi.org/vous-informer/consequences-de-linceste/le-deni-l-amnesie.html

L’organisation sociale du déni et de la reconnaissance : atrocités, connaissance et interventions juridiques

Joachim J. Savelsberg dans « Actes de la recherche en sciences sociales » 2008/3 (n° 173), pages 111 à 118

la conférence d’Idriss Aberkane (Professeur chargé de cours à Centrale-Supélec) sur l’échec, L’échec est un diplôme

le discours de Steve Jobs à l’Université de Standford en 2005

Discours de Steve Jobs auprès des étudiants de Stanford en 2005

la conférence de Christophe André sur le succès et l’échec

Le succès et l’échec

la conférence de Jean-François Noubel sur l’intelligence collective holomidale auprès des cadres de la SNCF

http://souspression.canalblog.com/archives/2014/04/07/29608589.html

et aussi le livre de Jacques Salomé “ le courage d’être soi”,

le livre de Pinkola Clarissa Estès “ la danse des grand-mères”,

le livre de Nicolas Hulot, “ le syndrome du Titanic”,

le livre de Mathieu Ricard “ vers une société altruiste”, etc…

 

Le déni- partie 1: causes et manifestations

 

 

Le déni se manifeste par une sorte de paralysie psychique, un gel de notre capacité à percevoir et à donner sens. C’est avant tout une stratégie inconsciente de défense qui mène à éviter, voir nier une part de notre réalité, à savoir celle qui nous concerne de très près, ou d’un peu moins près mais dont les répercussions vont se faire sentir, si ce n’est déjà fait.

Quelques exemples pour illustrer cette définition :

déni d’un étudiant par rapport à l’échéance d’un examen,

déni de grossesse d’une adolescente ou d’une jeune femme,

déni d’un amoureux enfermé dans une relation toxique,

déni d’un conjoint face à la dégradation des relations au sein de son couple,

déni de parents souhaitant pour leur enfant une réalité qui ne lui convient pas,

déni d’un chef d’entreprise face au risque de faillite,

déni d’une l’employée en proie au harcèlement dans son travail,

déni d’un malade par rapport à la gravité de son état.

déni des conditions de vie et de santé que nous faisons vivre à notre corps en le malmenant ou en niant ses besoins élémentaires,

déni par rapport à la mort d’un proche,

déni de responsabilité vis à vis de violences perpétrées,

déni de génocide ou d’écocide .

Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Très peu d’entre nous peuvent dire qu’ils n’ont pas été ou ne sont pas concernés par ce mécanisme du déni, tant il est spécifique à l’espèce humaine. Et ce qui constitue le mécanisme du déni et en fait sa complexité c’est que, en toute bonne foi , nous n’appréhendons pas un aspect de notre réalité du fait de notre difficulté à nous y adapter.

Circonstances favorisant une réaction de déni

un état de choc

une intense souffrance psychique

Une situation d’isolement réelle ou imaginée

des peurs non conscientisées, une angoisse profonde

Un sentiment de culpabilité latent

Un sentiment d’obligation morale par rapport au fait de tenir un rôle particulier vis à vis des proches (famille, amis) ou de la société

Une fidélité à des valeurs inconscientes menant à une situation d’auto-sabotage

Une tendance à l’indifférence et à la banalisation du mal ( dans le cas du déni de génocide et d’écocide notamment)

Cette liste n’est nullement exhaustive et pourrait sûrement être enrichie ou approfondie. Ma démarche consiste à fournir des pistes de réflexion pour soi ainsi que dans le cadre d’ une activité d’accompagnement.

Il ne faut pas prendre le déni à la légère d’une part parce que ses conséquences peuvent être redoutables et d’autre part, parce que, la plupart du temps les personnes en situation de déni sont dans une détresse profonde dont elles n’ont pas forcément conscience.

Les circonstances favorisant une réaction de déni sont elles uniquement psychologiques ? N’auraient-elles pas aussi une composante sociétale ? Nos sociétés modernes favoriseraient-elles le déni plutôt que l’acceptation de la réalité ?

On peut effectivement se poser cette question par rapport au culte de la performance et de l’apparence, au jeunisme, à l’immersion de plus en plus prégnante du virtuel dans nos vies,à la banalisation de la violence au travers des séries TV et des jeux vidéos, à la préférence donnée aux machines et aux robots, à la facilité avec laquelle on peut désormais truquer la représentation de la réalité, etc…

Par ailleurs le peu d’intérêt et de réactivité des populations mondiales par rapport à la préservation de l’environnement, la protection des océans et des forêts tropicales (véritables poumons planétaires) , comparé à la soif de consommation de ces mêmes populations interpelle, tout autant que la prééminence de par le monde, des situations de conflit d’intérêts, de religions, d’égo face à l’urgence d’une union planétaire pour mettre en place les changements de civilisation qui s’imposent.

Dans mon prochain article il sera question d’un certain nombre de moyens permettant de sortir du déni car tout problème contient sa solution.

Des ressources à consulter pour approfondir le sujet :

le déni de burn out

https://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Burn-out/Interviews/Deni-de-burn-out-pourquoi-certains-minimisent-leurs-symptomes

déni de grossesse : un déni du corps

https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/11/10/bien-avant-le-deni-de-grossesse-un-deni-du-corps

Où en sommes nous de notre conscience écologique ?

https://www.cairn.info/revue-vraiment-durable-2013-2-page-15.htm#

 

 

 

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